Depuis quelque temps, en Allemagne, on déplore les dons des hommes politiques pour les langues étrangères, notamment pour l'anglais. Surtout quand il s'agit du ministre des affaires étrangères ou d'un commissaire européen...
Tout d'abord, lors d'une conférence de presse en september dernier, Guido Westerwelle (FDP), nommé vice-chancelier et ministre des affaires étrangères, a choqué les Allemands par la réponse qu'il donne à un journaliste de la BBC :
Le journaliste (en anglais) : "Serait-il possible que je vous pose une question en anglais, et que vous soyez vraiment sympathique ("kind") si vous répondiez en anglais ?"
Westerwelle (en allemand) : "Si vous vouliez vraiment être sympathique ("freundlich"), parce que cette conférence de presse est en Allemagne... [...] comme il est d'usage en Grande-Bretagne que l'on parle bien sûr l'anglais, il est aussi d'usage en Allemagne que l'on parle l'allemand."
La question est posée en anglais, et la traductrice la répète en allemand. Westerwelle répond vaguement à la question, et reprend ensuite de plus belle:
"Et que ce soit bien clair, nous pouvons nous rencontrer après la conférence de presse autour d'un thé, et nous parlerons seulement anglais, mais... ici, c'est l'Allemagne !"
Le deuxième grand choc des Allemands a été quand Günther Öttinger, le ministre président du Bade-Wurtemberg, a été nommé commissaire européen par la chancelière. Lui qui affirme que l'anglais doit être la langue de travail, qu'on soit ouvrier ou chef d'entreprise, que chacun doit comprendre et parler l'anglais, il nous montre l'exemple dans cette vidéo :
Certes, cela choque les Allemands qu'un homme politique parle si mal l'anglais. Mais quand on regarde nos hommes politiques français, il y a aussi beaucoup de chemin à faire...