Blog d'un Français vivant en Allemagne.
La session 2011 du carnaval de Cologne s'achève, ce qui permet à la ville de reprendre un rythme plus normal. Depuis jeudi dernier, les festivités n'ont pas cessé ! Visite ma tente a concocté pour ses lecteurs un reportage photo exceptionnel à consulter en ligne. Mais tout d'abord, quelques mots...
Tout a commencé pendant la Weiberfastnacht, littéralement la "nuit des femmes". C'était jeudi dernier, mais malheureusement, je n'étais pas là. C'est à ce moment que les femmes coupent les cravates des hommes avant de les dédommager d'un baiser. Finalement, je ne regrette pas vraiment mon absence, je n'aurais pas voulu qu'on me découpe ma belle cravate d'Harry Potter !
Il faut aussi noter que j'ai eu un succès énorme avec ce costume auprès des petits comme des grands ! Les passants se plaisaient à crier mon nom dans la rue.
Le vendredi et le samedi permettent de bien s'échauffer à la kölsch dans les nombreux bars de la ville, mais il ne faut pas trop pousser, parce qu'il faut tenir le marathon jusqu'à mardi soir...
Le dimanche, c'est le premier grand défilé du carnaval, avec le Schull- und Veedelzöch, le "défilé des écoles et des quartiers". C'est gentil, c'est mignon, c'est bon enfant, et on commence à remplir son sac de confiseries lancées par les figurants. La foule crie "Kamelle!", elle a faim, elle veut des bonbons ! Si votre sac est toujours à moitié vide à la fin du défilé, ne baissez pas les bras, vous vous rattrapperez lors du défilé du lundi.
Un autre Harry Potter...
Les écoles défilent
Les spectateurs ont leurs sacs ouverts
Le lundi, jour férié, c'est donc le highlight du carnaval, comme on le dit si bien en allemand... C'est le Rosenmontag, le "lundi des roses". Après le défilé des enfants le dimanche, voilà le défilé des grands. Les confréries du carnaval défilent sur des chars en carton pâte qui rivalisent d'originalité. Les femmes pourront peut-être recevoir une rose de la part d'un soldat colonais. Les enfants (et pas que les enfants, à vrai dire) se ruent sur les bonbons, les plaques de chocolat et autres gummibär qui pleuvent des chars. A noter que les magasins ont pris leurs précautions en recouvrant leurs vitrines de panneaux en bois : un plaque de chocolat lancée trop fort, ça peut être fatal !
Lancer de confiseries !
Distribution de roses...
Très à la mode cette année, le Karl-Theodor von und zu Guttenberg en étudiant, le ministre le plus populaire d'Allemagne qui a démissionné la semaine dernière à la suite d'une accusation de plagiat de son mémoire de doctorat.
Un beau mandarin
Petite note politique contre le maire
Enfin, mardi, on se dit que cette ambiance de fête est bien sympathique et que cela pourrait bien durer un peu plus. Mais toutes les choses ont une fin (seule la saucisse en a deux*). À minuit, on va brûler le Nubbel, le bouc émissaire à l'origine de tous nos problèmes. J'ai beaucoup aimé cette soirée un peu mystique dans le kwartier lateng (quartier latin). Lors d'une procession au flambeau, les mannequins - suspendus devant les bars de la ville durant le carnaval - sont amenés au bûcher. Dans un discours en kölsch, l'accusateur déguisé en clerc liste tous nos malheurs. Par exemple : "Wer hat dat Schuld, datt der Decke Pitter jebrochen es?" (Qui est coupable d'avoir cassé le Decke Pitter, c'est-à-dire la cloche de la cathédrale dont le battant s'est fendu en janvier dernier) Et la foule répond en chœur "Dat wör der Nubbel!" (C'était le Nubbel !).
L'accusateur à la tribune
Un mannequin est jeté sur le bûcher
Il est minuit, les Nubbel brûlent !
Et maintenant, sans plus attendre, toutes les photos du carnaval sont disponibles ici :
* "Alles hat ein Ende, nur die Wurst hat zwei". Expression qui ne peut être qu'allemande bien évidemment.